Quand THC rime avec Barnabé

 friday weed smoking marijuana pot GIF

C’est l’année dernière, en classe de première  que Barnabé a entrepris de consommer du cannabis… je ne m’en suis pas aperçue d’emblée. Cette petite histoire débute en décembre, il a les yeux plus cernés que d’habitude, squatte son lit dès son retour des cours et s’endort même parfois. En décembre je plaisante  « tu as de ces cernes ce soir !! tu as fumé ou quoi ? » sans vraiment y croire parce que de la sensibilisation, j’en  fais beaucoup à propos du cannabis et de la consommation de drogue et d’alcool en général… Je ne bois pas une goutte d’alcool, et si j’ai pu consommer du cannabis dans ma jeunesse ça n’a jamais vraiment été mon dada, la substance ayant carrément tendance à me rendre parano…  Je le charrie  mais je n’y pense pas sérieusement, pourtant des changements dans son comportements auraient du me mettre sur la voie,  ça je l’ai compris mais après…

C’est en janvier que tout s’éclaire. Il est environ onze heures, je suis au bureau.
–  Allo Madame M. Monsieur F. CPE du lycée R., nous avons un petit problème avec votre fils.
–  Oui, je vous écoute (dans ces cas là je suis toujours assez laconique)
– Lors de la sortie cinéma de ce matin, votre fils et un autre élève ont été pris de vomissements dans l’enceinte du cinéma, ce qui a mis leur professeure dans une mauvaise posture vis-à vis du gérant.
Je l’écoute, mon cœur bat à cent à l’heure, la suite, vite qu’on en finisse.
– Après avoir interrogé quelques élèves, ils s’avère qu’ils se sont réunis pour fumer du cannabis avant la séance. La bonne nouvelle si je puis me permettre  c’est que si il a vomi c’est qu’il ne consomme pas encore de façon régulière…. Il sera convoqué à l’infirmerie pour être sensibilisé au danger du cannabis et je compte sur vous madame pour avoir une discussion avec lui.
Liquéfaction totale. Je raccroche puis tout part à cent à l’heure dans mon cerveau, je me dis que si il a vomi c’est peut-être qu’il mélangé le cannabis à d’autres substances. J’ai toujours entendu dire que les ados parisiens consomment plus facilement qu’ailleurs  de la coke, du speed, j’ai peur. En plus,  il prend son traitement pour le TDA/H. Il fait vraiment n’importe quoi. A l’aide ! Heureusement ma collègue psy (oui, celle que je critique gentiment ici) est là.

Après ce coup de fil tout s’éclaire et s’emboite parfaitement, il est parti beaucoup plus tôt ce matin là, d’autres matins aussi d’ailleurs. Fatigue, odeurs de tabac, il argumente que ses amis fument des clopes. Tous les soirs aussitôt le pas de porte franchi il prend une douche, s’isole, est tantôt agressif tantôt amorphe, il m’évite, quelle conne !

Il a eu des maux de ventre, il a vomi, quels sont les cons qui ont été raconter au CPE qu’ils avaient fumé des joints avant le ciné ? Bien évidement il se moque de moi, on ne sait jamais si ça marche. Commence alors le harcèlement, il se ferme,  je veux la vérité et je l’aurai, je suis furieuse. S’il persiste à ne pas me dire la vérité je connais un moyen très simple de la connaitre, les test urinaires vendus en pharmacie, ça tombe bien celle en bas de chez nous est ouverte 24h/24h. Il ne se dégonfle pas, il est d’accord pour le test. Test 1 positif, il ose me dire que ce n’est pas fiable. Dans ce cas vérifions. Test 2 positif, je lui demande instamment d’arrêter d’être débile. Verdict, il a fumé avec E. c’était la première fois, il n’y a jamais touché avant, et puis c’était dégueulasse etc… etc…. mais bien sûr…On verra ça.
– Nous referons donc un test dans une semaine et si vraiment tu n’es pas un consommateur régulier il sera négatif.
Les tests sont restés positifs jusqu’ au vacances de février…Je me suis mise à fouiller dans ses réseaux sociaux, pour voir… et ce que j’ai vu ne m’a pas fait plaisir, des bangs, des joints du shit, de l’herbe, des gamins défoncés, apparemment c’était quotidien, ça m’a fait du mal mais au moins je savais. Je savais qui étaient ses compères, des gosses de sa classe, des gamins biens, je veux dire sans problèmes particuliers, de bons élèves. Pour eux pas de conséquences majeures du moins pour le moment.J’ai fini par lui avouer que je savais tout et qu’il était inutile de me raconter des conneries, la réaction ne s’est pas faite attendre bien longtemps, changements des mots de passe etc… pas grave je savais.

En avril j’avais toujours une vue sur ces réseaux sociaux (parce que je suis une vraie fouine) et  contre toute attente je me suis aperçue qu’ il prétextait les « test-pipi » pour annoncer qu’il ne pourrait pas se joindre à la cannabis party. J’ai compris qu’il ne savait pas trop comment se dépêtrer de tout cela. Ça n’a pas été évident pour lui de jongler entre les habitudes prises avec ses amis et la conscience qu’il fallait cesser. Sa mère intransigeante et ses test urinaires lui ont fourni un alibi.  La dernière fois qu’il a fumé c’était  a priori en juin, il m’en a parlé, j’ai apprécié sa franchise et nous avons économisé un test.

Actuellement nous réalisons toujours ce type de tests de manière plus espacée, ils sont négatifs, il s’est remis à faire du sport avec plaisir, je reconnais mon Barnabé toujours speed et enjoué. J’espère vraiment que cela va durer parce qu’à cet âge  quand on manque un peu de confiance en soi  le groupe de pairs et les influences peuvent tout faire basculer.

Alors, feriez-vous comme moi des « test-pipi » ? Tous les forum de psychologie sont unanimes ce n’est pas la meilleure solution (la confiance patati-patata). Aussi j’ai conscience que fouiller dans les réseaux sociaux de son ado c’est de la haute trahison mais c’est aussi une source d’information non négligeable dans ce genre de situation, et puis j’ai fini par lui dire. Au final les « test-pipi » et la fouille, nous ont permis de dialoguer. Barnabé semblait comme empêché de me dire la vérité, c’était trop grave, il savait que ça ne passerait pas, il fallait bien que j’aille la chercher. Une autre question, à propos de ses ami-e-s fumeurs et fumeuses, ce sont de bons amis, ils ne sont pas malveillants, et j’ai pu avoir quelques relations avec les parents (au sujet d’invitations les uns chez les autres etc..) je ne leur ai jamais rien dit pour ne pas mettre mon fils dans l’embarras. Qu’auriez-vous fait à ma place ?

11 commentaires sur “Quand THC rime avec Barnabé

  1. Je ne sais pas ce que j’aurais fait à ta place ou ce que je ferais si ça venait à se produire.
    Perso, je vois le cannabis comme l’alcool : une fois de temps en temps, ça va. Le problème est quand ça devient régulier et qu’on se fait des gros trucs pour se défoncer régulièrement, notamment avant les cours.
    Sinon, à priori, je trouve que tu y as été fort en effet mais ça semblait être la méthode à employer avec Barnabé puisque ça a fonctionné et l’a même aidé vu qu’il a réussi à s’en sortir (et s’en est servi pour s’en sortir). Après, le problème est que nous sommes tous différents et ce qui a plutôt bien marché avec Barnabé peut, au contraire, être un fiasco complet et enfoncer encore plus un autre ado.

    Je sais : je ne suis d’aucun secours …

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, j’y suis allé fort, et ça aurait pu ne pas marcher d’ailleurs on n’est pas à l’abri qu’il recommence. Je suis d’accord avec toi une consommation occasionnelle de cannabis n’est pas dramatique si le jeune gère bien à côté etc… Sur la fin de l’année scolaire l’année dernière on était plus sur ce type de consommation et il ne s’en cachait pas, je ne lui ai pas donné ma bénédiction hein mais le fait que l’ont puisse en parler de manière ouverte m’a rassurée. Effectivement, durant 2 ou 3 mois leurs délires à lui et ses copains c’était de jouer à qui fumerai le plus… c’était leur principale occupation. Et là c’est un problème… j’ai aussi surpris des conversations sur le net où ils parlaient de trucs qu’ils aimeraient bien tester… l’horreur ! par la suite j’ai appris a prendre du recul par rapport a ce genre de propos ce n’est pas parce qu’ils en parlent qu’ils vont le faire, à cet âge ils parlent beaucoup, aiment bien en rajouter des tonnes. J’ai effectivement pris de gros risques, il aurait pu complètement se fermer et ne plus me faire confiance du tout…
      Merci Catwoman pour ton avis !

      J'aime

    1. Il avait 16 ans. Il vient de fêter ses 17. J’ai géré comme j’ai pu si il avait été ouvert au dialogue ça aurait été moins hard.

      J'aime

  2. je ne savais même pas que ces tests existaient. Je ne trouve pas que tu y sois allée trop fort. la confiance oui bien sur.. mais quand l’enfant ment, il faut bien trouver un moyen de le mettre face à la réalité. Je pense que chacun fait en fonction de lui, de son enfant, de son mieux, de comme il peut. L’essentiel est que vous ayez trouver votre solution!

    Aimé par 1 personne

    1. Et bien maintenant tu le sais… si besoin est dans quelques années (ce que je ne te souhaite pas). En effet je n ai pas eu le choix sur la méthode à employer. Lorsqu’ il se sait en difficultés il est capable de mentir, peut-être même arrive-t-il à se convaincre de ses propres mensonges…

      J'aime

    1. Kielut,
      Je ne sais pas trop, il n’y avait pas trop le choix. J’aurai préféré le dialogue à la manière forte mais il ne m’a guère laissé le choix… il était complétement fermé. Mais merci !

      J'aime

  3. Je pense qu’il n’y a pas de bonne ou mauvaise méthode, si vous êtes parvenus à renouer le dialogue, c’est que forcément, tu as fait les bons choix, pour lui comme pour toi.
    Après, ayant pas mal bourlingué, et ayant des amis plutôt aventureux, je ne me fais pas trop d’illusions concernant l’adolescence de mes filles… Mais je ne sais pas comment je réagirai le moment venu ! En tous cas, je pense vraiment que tant que l’on peut communiquer et se dire la vérité, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. S’il ne se sent pas jugé, mais au contraire épaulé, il n’hésitera pas à revenir vers toi si d’autres situations « à risque » se présentent, j’en suis certaine!

    Aimé par 1 personne

Blah blah blah blah....

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s